Les filles de Wakefield 1, Carole-Anne

Carole-Anne

Les chemins de Sainte-Croix, par Stéphanie Perreault et Dominique Simon
Appartient à Les filles de Wakefield Séries :

À la fin du 19e siècle, le village de Wakefield, au Québec, dort paisiblement sous son manteau de neige. Bravant le vent et le froid, un nouvel arrivant, Jean Landry, vient s’installer. On le fuit et sa terre est en ruines ; il ne comprend rien à ce qui lui arrive. Une nuit, son sort vient à changer alors qu’il se porte au secours de sa voisine, la Providence, mère de Carole-Anne et d’Esther.

Rebaptisé Sainte-Croix, il se trace un chemin dans le cœur des Providence, particulièrement dans celui de la jolie et avenante Carole-Anne. Alors que chacun croit avoir trouvé en lui un ami, un fils, un frère, un fiancé, Sainte-Croix doit retourner pour une dernière saison dans les bois. Or, son retour se fait de plus en plus tardif et les filles de Wakefield doivent combler l’attente... Leur reviendra-t-il ?

Extrait :

Lorsqu’il arriva à l’orée d’un grand bois de bou­leaux, d’érables et d’épinettes, Jean entendit, grâce au vent qui soufflait dans la bonne direc­tion, la cloche d’une église tinter et comprit qu’il ne devait plus être très loin.

Malgré qu’on l’eut prévenu que c’était folie d’en­treprendre un tel voyage en cette saison, c’é­tait de bon cœur qu’il s’était mis en route. Ni la neige, qui avait inutilement travaillé à remettre une couche de blanc sur un horizon déjà imma­culé, ni le vent qui avait dispensé un froid intense n’avaient réussi à le décourager d’avancer. Et c’était pitié lorsque, à cause des chevaux, il de­vait se contraindre à faire étape, car si cela n’eut tenu qu’à lui, il ne se serait arrêté seulement qu’une fois gagné d’épuisement.

Il était un de ces êtres volontaires et puis­sants, comme l’on en rencontre souvent dans notre contrée, qu

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aucun danger ni aucune diffi­culté ne pouvaient arrêter sitôt qu’il avait dessein en tête.

Les grandes neiges étaient déjà tombées depuis longtemps et, malgré que la route fût d’appa­rence encore praticable, Jean savait qu’il devait faire bien attention, car il avait souvent engagé son chariot dans des neiges moins tapées et il avait eu grand mal à l’en dégager.

Depuis des heures, il suivait la rive occiden­tale de la rivière Gatineau et il y avait, venues des chemins environnants, toutes sortes de traces qui se mêlaient et qui convergeaient. Des sillons profonds laissés par de lourds chariots de charge; des moins marqués qui avaient à peine réussi à tasser un peu la neige, carrioles de promenade ou lisses de traîneaux qui avaient simplement ca­ressé la fraîche poudrerie.

Conscient des possibles pièges que la neige pouvait receler, Jean tentait au mieux de mettre ses roues dans les traces laissées par ceux qui l’avaient précédé et qui, obligeamment, lui indi­quaient le chemin à suivre. C’était bienvenu, car, par endroit, la neige avait construit d’étranges et d’incompréhensibles monticules qui, lorsque la lumière du jour commençait à décliner, le fai­saient parfois douter qu’il fût encore sur la route.

Au fur et à mesure qu’il avançait, la lumière de l’astre couchant faisait briller la blancheur alentour en d’éphémères éclats diamantés qui, sitôt qu’il avait dépassé l’endroit, disparaissaient. La température à cette heure était moins basse que celle du matin, mais tout de même encore bien froide.

Jean descendait vers le sud sur la route venant de Maniwaki quand une courbe dans le chemin lui fit faire face à l’ouest et au soleil. Ses beaux rayons se mirent à lui darder le visage, lui ré­chauf­fant d’un coup le corps et l’âme. Il voyait dans cet augure un genre de bienvenue que vou­laient lui adresser les lieux. Il se disait « Quoi de mieux pour accueillir un nouvel arrivant ? » Dès qu’il eut passé le grand tournant que faisait la route, il aperçut les premières maisons, puis, à la suite, le petit clocher de l’église qui fièrement s’efforçait de dominer tous les autres bâtiments, malgré qu’il ait été situé un peu en contrebas.

Si bien que presque rendu à destination, Jean se questionnait encore quant au chemin à suivre, c’était d’abord parce que c’était la première fois qu’il venait au village, mais aussi parce qu’il avait acheté ses chevaux depuis peu et ne les connaissait pas trop. Pressé, il n’avait pas été très regardant sur leur vaillance et il avait fini par penser qu’il avait certainement payé son attelage plus qu’il ne valait. Les pauvres bêtes, outre de n’être plus très jeunes, avaient le pied peu sûr et ils les avaient vues souvent hésitantes et précau­tionneuses lorsque le parcours s’était montré un peu difficile. Sans doute n’avaient-elles guère l’habitude de progresser en terre inconnue.

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Critiques :Céline Boisjoly au sujet deLes mille et une pages de LM a écrit:

Je viens de terminer ce petit roman empreint de douceur et écrit avec une grande délicatesse. Jean Landry héritera de la maison de son oncle, mais le nom de Landry est à éviter dans la paroisse. Pour l’aider à se faire accepter par les autres villageois, ses voisins, à qui il a sauvé la mère Providence d’une mort certaine, le rebaptiseront Ste-Croix. La mère Providence qui est veuve vit avec son père et ses 2 filles. Carole-Anne et Esther ! Dès que Ste-Croix aura passé le seuil de la maison, il sera attiré vers Carole-Anne ! Le grand-père de Carole-Anne espère bien avoir un petit-fils avant de mourir pour continuer la génération, alors, il fera tout pour que Ste-Croix ait une maison qui a de l’allure pour que son rêve se réalise peut-être. Mais, malheureusement, Ste-Croix a promis à son patron d’aller l’aider à bûcher encore un autre hiver. C’est le cœur lourd que Carole-Anne le voit partir. Voyant revenir les autres bûcherons au printemps, elle désespère de plus en plus de ne pas voir revenir celui qui fait battre son cœur. Qu’est-ce qu’il a bien pu lui arriver pour qu’il retarde son retour autant? C’est ce que vous découvrirez en lisant ce roman que j’ai dévoré ! Stéphanie Perreault décrit très bien le travail que les hommes, au 19e siècle, abattaient pour survivre. L’entraide était primordiale pour tous ceux qui voulaient survivre l’hiver. Avec un langage très québécois, j’ai lu le livre d’un bout à l’autre sans m’arrêter. Stéphanie Perreault a réussi à me faire passer un très bon moment de lecture tout en me faisant voyager dans le passé ! Je vais attendre la suite avec impatience !


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